Votre association possède un nom bien spécifique : pouvez-vous nous parler de la notion d’« d’indépendance » qui semble être un principe fondateur de votre mission et de votre travail ?

WB: La notion d'indépendance peut avoir un sens différent selon le profil des personnes que nous aidons ; elle peut signifier pouvoir sortir seul de chez soi pour la première fois, pouvoir retourner au travail ou aller à l’école. Chez Canine Companions for Independence, nous sommes très fiers de favoriser l'indépendance d’adultes et d’enfants en situation de handicap en leur remettant gratuitement des chiens d’assistance spécialement dressés. Depuis notre création, en 1975, nous avons placé plus de 5 200 chiens, dont plus de 175 chez des vétérans de l’armée américaine.

Nous formons et plaçons quatre sortes de chiens d’assistance. Nous avons des chiens-guides pour les adultes atteints de handicaps physiques. Nous avons des chiens de compagnie spécifiquement dressés pour cette tâche, qui sont généralement placés chez des enfants, mais parfois aussi chez des adultes, lorsque la présence d’un tiers est nécessaire pour maîtriser le chien. Nous avons aussi des chiens-guides pour les personnes sourdes ou malentendantes. Et enfin, nous avons des chiens d’assistance qui travaillent auprès de professionnels dans des secteurs comme la santé, la justice ou l’éducation et sont une aide thérapeutique précieuse.

Quelles sont les principales tâches accomplies par vos chiens?

WB: Les chiens de Canine Companions sont capables de répondre à plus de 40 ordres : ils peuvent ramasser un objet que l’on a fait tomber (du plus petit objet – pièce de monnaie, etc. – à des objets nettement plus volumineux, comme une prothèse), tirer un fauteuil roulant manuel, allumer et éteindre la lumière, ouvrir les portes, etc. Nos chiens « écouteurs » sont capables de prévenir leurs maîtres de la présence de certains sons, et de les guider vers la source de ces sons.

Nous savons également que nos chiens-guides et nos chiens d’assistance constituent souvent un lien social pour des enfants qui, sans eux, pourraient se sentir en marge de la société : ces chiens font vraiment tomber ces barrières et transforment complètement leur vie.

Parlons de la formation de ces chiens. Pourquoi dressez-vous uniquement des Golden retrievers et des labradors ?

WB: Nous avons créé ce programme il y a près de 40 ans, quand nous nous sommes rendu compte que les labradors et les Golden retriever étaient, par nature, très doués pour récupérer des objets (une compétence vitale pour ces chiens d’assistance) mais aussi qu'ils avaient vraiment envie de bien faire.
Nous pouvons donc confier à ces chiens un travail qui les rend incroyablement heureux et, dans le même temps, profiter de l’intelligence commune à ces races, dont chacune a ses points forts.

Lorsque vous recevez une nouvelle portée de chiots, que se passe-t-il ensuite ?

CK: Je suis dresseuse bénévole chez Canine Companions ; avec ma famille, nous nous sommes engagés dans cette association en 1995 et avons dressé plusieurs chiots depuis ! Le chiot arrive chez moi lorsqu’il a environ 8 semaines, et j’en suis responsable pour une période allant de 14 à 22 mois. Il habite chez moi, je lui apprends la propreté, je lui enseigne tous les ordres de base et nous allons à des cours de dressage hebdomadaires. Il suit aussi un programme de sociabilisation adapté à son âge : nous l’emmenons dans des centres commerciaux, des restaurants, en un mot dans tous les endroits qu'il sera susceptible de fréquenter tout au long de sa « carrière » de chien d’assistance. Le chiot devient comme une extension de moi-même. Et, chose amusante, après toutes ces années, quand je vais à l’épicerie ou à la banque sans lui, tout le monde me demande : « Mais où est votre chien ? »

On a l'impression qu’un véritable lien se crée entre vous et les chiens... Est-il difficile de les voir partir à l'issue de cette période de formation initiale ?

CK: Quand on me remet un chiot, on me communique aussi la date prévue pour son retour à l’association, où il intégrera un cursus de formation professionnelle : pendant 6 à 9 mois, il apprendra les ordres les plus complexes, avant d'être placé chez quelqu’un. Mais oui, c’est quand même très éprouvant sur le plan émotionnel : je pleure à chaque fois qu’un de mes chiots s’en va. Mais ce n’est pas grave, car ils ne sont pas pour moi ! Ce qui compte, c’est le travail effectué, et le fait de savoir que ce chiot sera utile à quelqu’un d’autre. Et savoir que je peux contribuer à cela est vraiment fantastique !

Comment se fait l’apparentement entre les « compagnons canins » et leurs partenaires humains ?

WB: Nous aimons dire qu’il y a un peu de magie dans tout cela ! Mais plus concrètement, nous observons les chiens que nous dressons et évaluons leurs points forts pour essayer de les faire correspondre aux besoins de chaque personne : par exemple, le futur maître a-t-il besoin d'un chien qui soit capable de ramasser de très petits objets ou des objets plus volumineux ? Nous tenons également compte du tempérament du chien et du maître, donc, par exemple, on ne placera pas un chien très énergique ou démonstratif chez une personne menant une vie très calme.

Grâce à cette recherche de similitudes, un lien immédiat se crée lorsque le chien est remis à son maître, et ce lien se développe encore lorsque le chien et la personne apprennent à connaître leurs besoins respectifs. J’ai mon propre chien-guide retraité de Canine Companions et je dois dire que j’ai vraiment l’impression que le chien devient une véritable extension de soi.

En général, quelle est la durée de la vie professionnelle d'un chien Canine Companions ?

WB: Les chiens sont placés chez leurs partenaires vers 2 ans et demi et ils travaillent généralement jusqu’à 10-12 ans. Mais c’est une décision qui se prend au cas par cas. En général, les maîtres commencent à prévoir un « plan de retraite » avec nos dresseurs un ou deux ans à l’avance, en fonction de la forme du chien, de sa motivation, de sa santé et de sa capacité à répondre aux besoins des clients. Une fois à la retraite, chaque chien part vivre dans un foyer aimant : il peut rester chez ses maîtres lorsque cela est possible, revenir chez ses premiers éleveurs (ces derniers sont généralement ravis que le chien revienne dans leur vie !) ou s’installer dans l'un des nombreux foyers en liste d’attente chez nous pour accueillir un chien d’assistance retraité et lui offrir une belle fin de vie.

Parlez-nous de la jeune « Merial » : où en est-elle dans son parcours chez Canine Companions ?

CK: Merial est mon 16ème chiot Canine Companions ! Elle nous a rejoints en novembre 2015 et a eu un an en septembre 2016. Elle devrait démarrer sa formation professionnelle en mai 2017. Elle est vraiment très gentille ! Elle n’est pas particulièrement calme... Mais elle n’est pas non plus trop nerveuse, c’est une chienne très équilibrée ; et pour l'instant, rien ne semble la perturber. Elle est très attentive à mes ordres. Lors du dressage d'aujourd’hui, je lui ai appris à ne pas anticiper un ordre, mais à attendre d’avoir écouté très attentivement ce qui lui est demandé. Et elle a été excellente, elle m’écoutait à chaque fois !

Comment peut-on soutenir les actions de Canine Companions for Independence ?

WB: Nous sommes ravis de pouvoir illustrer notre partenariat avec Merial (l’entreprise) à travers cette chienne formidable éduquée par Cecilia. Et nous sommes extrêmement reconnaissants du soutien que Merial nous apporte depuis des années. Vous savez, le dressage et l’entraînement de chacun de nos chiens nécessitent un investissement de 50 000 dollars, mais nous les remettons gratuitement à leurs maîtres. C’est pourquoi chaque don, qu'il émane d'une entreprise ou d'un particulier, est plus que bienvenu pour nous permettre d’offrir plus d’indépendance à une personne handicapée.

CK: Et en tant que bénévole, j’ajoute que tout le monde peut devenir éducateur canin, et nous avons toujours besoin de nouveaux éleveurs, donc je ne peux qu’encourager les gens à y réfléchir. Pas besoin d’être un éleveur professionnel ou d’avoir de l’expérience, il faut juste être prêt à donner un peu de temps et d’amour à ces chiens. Et même s’il est difficile de voir partir les chiens, quand vous voyez ce qu’ils accomplissent pour d'autres personnes, vous vous dites que cette aventure vaut vraiment la peine d’être vécue.

POUR VOUS ENGAGER...

À l’approche des fêtes de fin d’année 2016, Merial vous invite à confier un travail à un chien de Canine Companions et à offrir une plus grande indépendance, de l’affection et une compagnie bienveillante à des vétérans et à d’autres adultes et enfants atteints de handicap.
Faire un don

Pour en savoir plus sur les chiens remarquables de Canine Companion for Independence et sur le travail de cette magnifique association, rendez-vous sur www.cci.org

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